LEXIQUE SUR LES DIFFÉRENCES SEXUELLES, LE FÉMINISME ET LA SEXUALITÉ
anciennement hébergé sur un site à l'UQAM
Sylvie Richard-Bessette, prof. de psychologie, Cégep André-Laurendeau
dernière mise à jour: 25 mars 2018
Les principaux concepts utilisés dans les cours sont définis ici.
Plusieurs autres concepts se retrouvent dans le Lexique de psychologie.

Aliénation
L'aliénation est un concept central dans la théorie féministe.

"État de l'individu qui, par suite des conditions sociales (économiques, politiques, religieuses), est privé de son humanité et est asservi." (Le Petit Robert, 2006, p. 64).
La personne aliénée est par définition non consciente de son exploitation.
Les femmes sont aliénées quand elles finissent par croire que les rôles sexuels et sociaux qu'on leur attribue sont immuables et naturels.
Amour-passion
« Un état émotionnel très intense où l’on est complètement absorbé par l’autre et où l’on connaît une confusion de sentiments allant de l’extase d’être aimé par l’autre à l’angoisse d’être rejeté ou abandonné » (Berscheid et Walster, 1978 dans Dubé, 2006, p. 349).
Androcentrisme
Une recherche ou une théorie souffre d'androcentrisme lorsque les résultats ou les suppositions découlent d'un référent masculin. La norme masculine devient alors la base de comparaison lors de l'interprétation des résultats.

L'androcentrisme se retrouve aussi dans la langue, on parle alors du masculin générique. Il n'est pas rare d'entendre l'expression Homme pour désigner soit les hommes ou soit les deux sexes. Or, ce terme n'est pas neutre et influence la représentation que l'on a des deux sexes (voir à ce sujet les études rapportées dans Matlin, 2007, p. 54 et Gastil, J. (1990). Generic pronouns and sexist language: The oxymoronic character of masculine generics. Sex Roles, 23, 629-643.)

Androgynie
"Personnalité qui possède à la fois des caractéristiques féminines et masculines" (Olds et Papalia, 2005, p. 145)
L'androgynie se mesure à partir de différents tests dont l'inventaire de Bem sur les rôles sexuels (IBRS). Si un individu obtient une note élevée à la fois sur l'échelle de la masculinité et de la féminité, il sera qualifié d'androgyne.
Apprentissage différentiel selon les sexes (voir sous socialisation différenciée)  

Auto-objectivation de soi/du corps
(Self-Objectification)

De nombreuses féministes ont mis en évidence les effets des images de la femme dans les médias sur la perception du corps des femmes et sur leurs relations avec les autres. Barbara L. Fredrickson et Tomi-Ann Roberts (deux psychologues américaines) utilisent le concept de self-objectification pour décrire l'influence du regard des hommes et des médias sur la perception que les femmes ont de leur corps. Elles ont développé une théorie de l'objectivation de soi (objectification theory) qui explique l'effet du regard et de l'évaluation des autres sur la perception de son propre corps. Fredrickson et Roberts ont montré les diverses conséquences (image de soi, santé mentale, dysfonctions sexuelles, discrimination au travail, etc.) pour les femmes de vivre dans une culture où le corps des femmes est présenté comme un objet "morcelé".

“Objectification theory is our effort to name one set of sociocultural barriers that diminish women’s well-being and limit their potential.” (Fredrickson et Roberts, 1997, p. 198)

Réfs: Fredrickson, B. L., et Roberts, T.-A. (1997). Objectification theory: Toward understanding women’s lived experiences and mental health risks. Psychology of Women Quarterly, 21, 173–206.
Fredrickson, B. L., Roberts, T.-A., Noll, S. M., Quinn, D. M., et Twenge, J. M. (1998). That swimsuit becomes you: Sex differences in self-objectification, restrained eating, and math performance. Journal of Personality and Social Psychology, 75, 269–284
.

Déf. auto-objectivation: Adopter le regard évaluateur et critique de son entourage sur son propre corps, lequel se voit réduit à la fonction d'objet. (voir Le corps-objet)

Communauté verbale
Selon l'approche skinnérienne, la communauté verbale est la portion de la culture ou de l'environnement social qui détermine et protège les symboles de la culture utilisés pour exprimer des pensées abstraites et transmettre des pratiques culturelles à la prochaine génération.

Skinner voit l'interdépendance entre l'individu et son environnement comme la clé pour créer et modifier les pratiques culturelles.

Quelles sont les pratiques que notre culture renforce ou encourage?
La stabilité d'une culture dépend de la satisfaction de ses membres (et de l'équilibre des rapports de force entre les groupes).
Exemple: Que fait-on pour éviter que les femmes s'intéressent au pouvoir? On dévalorise les femmes qui ont une attitude déterminée ou agressive (ex: on a surnommé Margaret Tatcher la "dame de fer") ou qui essaient de prendre leur place. On prétend à la supériorité des femmes dans le domaine des relations interpersonnelles, on prétend qu'il n'est pas féminin d'être autoritaire, intransigeante ou compétitive. On valorise au contraire la capacité de coopérer des femmes (qui n'est pas la meilleure méthode dans le domaine des affaires).
Si on veut changer les pratiques, il faut donc modifier les contingences verbales.
Référence: Ruiz, M.R. (1995). Skinner's radical behaviorism. Psychology of Women Quaterly, 19, 161-179.
voir aussi Lexique de psychologie

Désir sexuel
Pour Helen Kaplan, le désir sexuel est « une forte envie, un besoin qui pousse les hommes et les femmes à rechercher, à initier ou à répondre à des stimulations sexuelles » (Kaplan, 1995, p.15)

Kaplan, H. S. (1995). The Sexual Desire Disorders, Dysfunctional Regulation of Sexual Motivation. New York : Brunner/Mazel, Inc.

Pour Kaplan, «le désir sexuel est un appétit qui est produit par l'activation de certains centres cérébraux contrairement à l'excitation et à l'orgasme qui impliquent davantage les organes génitaux.» (Trudel, 1988, p. 59)

Trudel, G. (1988). Les dysfonctions sexuelles. Sillery: Presses de l'Université du Québec.

Pour Gilles Trudel, le désir sexuel est « une étape de l’activité sexuelle précédant et accompagnant l’excitation et qui concerne un ensemble de facteurs associés généralement au développement d’un intérêt chez une personne d’avoir une activité sexuelle individuelle ou dyadique. Le désir sexuel est un état subjectif relié à un état biologique et à la perception d’un besoin favorisé par un ou plusieurs des facteurs suivants : la perception de fantasmes, d’idées positives à propos de l’activité sexuelle et d’affects et dans le cas du désir dyadique de variables relationnelles positives et/ou de sentiments amoureux qui peuvent conduire à des comportements moteurs ou verbaux ayant pour objectif de poursuivre les étapes suivantes de l’activité sexuelle. » (Trudel, 2003, p. 12).

Trudel, G. (2003). La baisse du désir sexuel: méthodes d'évaluation et de traitement. Paris: Masson.

«Tendance de la personne à interagir érotiquement avec un autre sujet connu ou imaginé et ce, en vue d'une satisfaction sexuelle. Énergie psychobiologique qui précède et accompagne l'excitation. Phase de la réponse sexuelle.» [Syn: intérêt sexuel]. (Elysa, 1999)

Dysfonction liée au désir sexuel (baisse du désir sexuel)

Selon le DSM-IV:« une déficience (ou absence) répétée ou persistante de fantasmes ou pensées sexuelles, et/ou de désir d’avoir une activité sexuelle ».

-« déficience (ou absence) répétée ou persistante de réceptivité lors des activités sexuelles » (Basson, 2002)

Réf.: Basson, R. (2002). Women's sexual desire : disordered or misunderstood ? Sex Marital Ther., 28 Suppl 1:17-28.

Double standard sexuel
«Attentes de la société qui diffèrent en fonction du sexe de la personne.» (Olds et Papalia, 2005, p. 367)
Éducation en matière de santé sexuelle "L’éducation en matière de santé sexuelle encourage des comportements qui aident les personnes à atteindre des résultats positifs et à éviter des résultats négatifs. Elle fait appel à toute une gamme d’expériences d’apprentissage, y compris l’accès à une information appropriée selon l’âge, des mesures de motivation et des occasions d’acquérir les compétences nécessaires pour l’adaptation sexuelle de l’individu et des relations interpersonnelles satisfaisantes. Elle permet aux individus, aux couples, aux familles et aux communautés d’acquérir les connaissances, la motivation et les habiletés comportementales requises pour rehausser leur santé sexuelle et éviter les problèmes reliés à la santé. Une éducation en matière de santé sexuelle qui intègre ces composantes dans la mise au point des programmes peut avoir des effets positifs sur les choix et les actions individuels en matière de santé sexuelle. Une éducation efficace en matière de santé sexuelle assure un dialogue ouvert qui respecte les croyances individuelles. Elle est réceptive aux divers besoins des Canadiens quels que soient leur sexe, leur orientation sexuelle, leur ethnicité, leur culture ou leur religion." (Santé Canada, 2003, p. 6)
Éducation sexuelle "Éducation constituée d'un double processus: d'une part, le développement intégral de soi en tant qu'être sexué en relation avec d'autres, et d'autre part, l'apprentissage progressif de la sexualité humaine en général et de sa propre sexualité." (Legendre, 1993, p. 467-468)
Réf. Legendre, R. (1993). Dictionnaire actuel de l'éducation. Mtl: Guérin.
Empowerment (autonomisation)
«Sur le plan individuel, Eisen (1994) définit l'empowerment comme la façon par laquelle l'individu accroît ses habiletés favorisant l'estime de soi, la confiance en soi, l'initiative et le contrôle.» (Longpré et al., 1998)

Sur le plan social:
« Un processus d’action sociale par lequel les individus et les groupes agissent pour acquérir le contrôle sur leur vie dans un contexte de changement de leur environnement social et politique. » (Wallerstein et Allerstein, 1994, p. 142). (Dans Introduction to Community Empowerment, Participatory Education, and Health, Health Education Quarterly, vol. 21, no 2, 141-148.)

Engagement (dans la relation intime)
« Processus par lequel une personne se sent liée à une autre personne, ce lien influençant l’intention de continuer la relation; c’est la force qui assure la continuation d’une relation lorsque celle-ci se heurte à des obstacles difficiles ou lorsque les partenaires sont soumis à la tentation offerte par une option intéressante. » (Dubé, 2006, p. 361)
Érotisme (au sens de matériel érotique)
Érotisme vient du mot grec eros signifiant "amour" (voir Le Petit Robert, 2006, p. 938)

"Matériel sexuellement explicite décrivant des interactions sexuelles plaisantes, non violentes et non dégradantes entre des adultes consentants" (traduction de Fisher et Barak, 1989; Marshall et Barrett, 1990 dans Seto, Maric et Barbaree, 2001).

Féminisme Le féminisme est un concept qui englobe à la fois "une idéologie et un mouvement pour le changement socio-politique fondé sur une analyse critique des privilèges masculins et de la subordination des femmes dans une société donnée. Il s'attaque de front à la pensée patriarcale, à l'organisation sociale, aux mécanismes de contrôle. Il cherche à détruire la hiérarchie masculiniste, mais non le dualisme sexuel" (traduction de Offen, 1988).
Genre:
(voir Sexe)
"Réfère aux caractéristiques culturelles, sociales et psychologiques qui différencient les hommes et les femmes" (traduction de Canary, Emmers-Sommer et Faulkner, 1997, p. 6.)
Héritabilité "Estimation de la proportion d’un trait qui peut être attribuable aux variations génétiques entre les individus appartenant à un groupe donné" (Tavris, Wade, Gagnon, Goulet, Wiedmann, 1999, p. 92).

Hétérosexisme

Ensemble d'idées et de croyances qui suppose que l’hétérosexualité est la forme "naturelle" de sexualité et qu'elle constitue le fondement de la société (voir Franklin et Stacey, 1991; Valverde, 1989).

"Est un parti pris contre les lesbiennes, les homosexuels et les bisexuels, ou contre tout groupe qui n'est pas exclusivement hétérosexuel." (Matlin, 2005, p. 73)

"L’hétérosexisme réfère à un système idéologique qui ignore, dénie, dénigre et stigmatise toute forme non hétérosexuelle de comportement, d’identité, de relation ou de communauté". (Herek, 1991 dans Julien, sans date)

Dans une optique féministe radicale :
"L'hétérosexisme repose sur l'idée que la vie de la femme doit être organisée et définie par rapport à celle de l'homme. Il se fonde sur l'idée erronée que toutes les femmes doivent se marier et avoir des enfants, et qu'une femme ne peut s'épanouir que dans le mariage et la maternité. Contester l'hétérosexisme est souvent considéré, par erreur, comme une attaque contre l'institution du mariage et de la maternité. En réalité, contester l'hétérosexisme revient à appuyer l'égalité des femmes. Cela exprime en effet l'idée que toute femme a le droit de se définir comme être autonome et indépendant, et pas seulement par rapport aux hommes et aux enfants; cela consiste à reconnaître que la femme peut mener une vie diversifiée et être libre de faire ses choix comme elle l'entend; cela consiste à appuyer le droit de la femme à choisir librement ses partenaires amoureux. Pour permettre à la femme de faire librement tous ces choix, il est indispensable de transformer les structures de la société." (Comité canadien sur la violence faite aux femmes, 1993, p. 17)

Hypersexualisation
nUsage excessif de stratégies axées sur le corps dans le but de séduire (Richard-Bessette, 2006).
n
L’hypersexualisation du corps se manifeste par:
¡
  • une tenue vestimentaire qui met en évidence des parties du corps (décolleté, gilet-bedaine, pantalon taille basse, chandail moulant, etc.);
  • des accessoires et des produits qui accentuent de façon importante certains traits et cachent « les défauts » (maquillage, bijoux, talons hauts, ongles en acrylique, coloration des cheveux, soutien-gorge à bonnets rembourrés, etc.);
  • des transformations du corps qui ont pour but la mise en évidence de caractéristiques ou signaux sexuels (épilation des poils du corps et des organes génitaux, musculation importante des bras et des fesses, etc.).
  • des interventions chirurgicales qui transforment le corps en « objet artificiel »: seins en silicone, lèvres gonflées au collagène.
  • des postures exagérées du corps qui envoient le signal d’une disponibilité sexuelle: bomber les seins, ouvrir la bouche, se déhancher, etc.
  • des comportements sexuels axés sur la génitalité et le plaisir de l’autre (Richard-Bessette, 2006)

Pour l'APA, la sexualisation du corps se manifeste quand:
1.

  • On définit la personne seulement par son sex appeal ou son comportement sexuel, excluant les autres caractéristiques de l’individu.
  • On s’en tient à l’idée que ce qui est physiquement attirant est ce qui est défini comme « sexy ».
  • nLa personne est présentée comme un objet sexuel: objet à utiliser et non une personne capable de faire des choix, d’agir de façon indépendante.
  • 3.La sexualité est imposée de façon inappropriée à une personne. (APA, 2007)
Identification "Processus selon lequel un individu aspire à ressembler à une autre personne ou à un groupe qu'il valorise, et à se comporter en conformité avec ce modèle." (Lehalle et Mellier, 2005, p. 253).
Réf.: Lehalle, H. et Mellier, D. (2005). Psychologie du développement: enfance et adolescence. 2e éd. Paris: Dunod.

"L'acquisition, en tant que caractéristiques personnelles, de traits de personnalité perçus comme appartenant à d'autres (par exemple, les parents)." (Pervin et John, 2005, p. 87).
Réf. Pervin, L.A. et John, O. P. (2005). Personnalité: théorie et recherche. Mtl: ERPI.

Identité

«Ensemble organisé de sentiments, de représentations, d'expériences et de projets d'avenir se rapportant à soi-même.» (Coslin dans Berger, 2011, p. 336)
«Selon Erikson, conception cohérente du soi composée d'objectifs, de valeurs, et de croyances auxquels l'individu est fortement attaché.» (Papalia et al., 2011, p. 440)

*Berger, K.S. (2011). Psychologie du développement, 2e éd. Mtl: Modulo.

Identité de genre Traduction du concept de gender identity. D'autres préférent utiliser identité sexuelle ou identité sexuée.

"Le terme de genre peut être utilisé pour désigner les composantes non physiologiques du sexe qui sont actuellement perçues comme appropriées aux individus de sexe masculin ou aux individus de sexe féminin" (Unger, 1979 dans Le Maner-Idrissi, 1997, p. 17). L'identité de genre exclut ici la dimension sexuelle que l'on retrouve dans la définition d'identité sexuelle plus bas.

Dans plusieurs ouvrages, les auteurs ne distinguent pas identité de genre et identité sexuelle et optent pour une définition plus générale.

"Sentiment profond d'individuation, de différenciation et d'appartenance à l'un ou à l'autre sexe qui s'élabore progressivement au cours du développement psychosexuel d'une personne." (Élysa, 1999)

Identité sexuée Concept utilisé par des scientifiques francophones et correspondant au concept de gender identity dans le milieu anglophone (Daflon Novelle, 2006).

«est une construction psychique, qui comporte des aspects à la fois objectifs et subjectifs» (Chiland, 2003 dans Rouyer, 2007, p. 14). L'identité sexuée est le «sentiment d'appartenir à un sexe» et se construit « à partir de l'interprétation (en particulier au plan émotionnel) des messages conscients et inconscients (verbaux et non verbaux) émis par ses deux parents, décodages rendus possibles grâce à ses capacités perceptives et cognitives émergentes.» (Chiland, 1995 dans Zaouche-Gaudron et Rouyer, 2002, p. 529).

Identité sexuelle L'identité sexuelle serait la résultante de 3 composantes selon Green (1974, 1987 dans Le Maner-Idrissi, 1997) et Bem (1974, 1981 dans Tap, 2005).

"- la première, c'est la conviction intime d'être garçon ou fille;
- la deuxième concerne l'adoption de comportements, qui dans chaque culture, sont propres aux garçons et aux filles, aux hommes et aux femmes;
- la troisième porte sur le choix du partenaire sexuel masculin ou féminin." (Le Maner-Idrissi, 1997, p. 17)

En d'autres termes, l'identité sexuelle = identité de genre + rôles sexuels ou de genre + orientation sexuelle.

Mouvement des femmes
"Ensemble des discours et des pratiques qui questionnent et dénoncent les conditions discriminatoires subies par les femmes et qui préconisent des modalités de transformation de ces conditions, peu importe leurs fondements politiques, idéologiques et théoriques." (Descarries-Bélanger et Roy, 1988, p. 2)
Mouvement féministe "Ensemble des discours et des pratiques qui donne priorité à la lutte des femmes et qui pose comme finalité l'abolition, du moins la transformation en profondeur, de l'ordre patriarcal." (Descarries-Bélanger et Roy, 1988, p. 2)

Un mouvement féministe s'appuie sur une des nombreuses idéologies féministes existantes (libéral, radical, femelléité, libertaire, marxiste, lesbien, socialiste, etc.). Pour en savoir plus, lire Rogers et Rogers ou El Yamani ou consulter le site de Toupin.

Objectification theory voir auto-objectivation
Opportunités
(voir Risques)
Concept utilisé par l'approche écologique pour désigner les facteurs qui favorisent le développement de l'individu. Voir aussi Risques.

§« Conditions matérielles, émotionnelles et sociales de l’environnement qui stimulent ou renforcent le développement et l’adaptation. » (Malo, 2000)
Orientation sexuelle "Orientation des fantasmes, des désirs et des conduites sexuelles vers une autre personne qui peut être d'un sexe identique au sien (orientation homosexuelle) ou différent du sien (orientation hétérosexuelle). L'orientation peut aussi avoir trait aux deux sexes (orientation ambisexuelle, bisexuelle)." (Élysa, 1999)
Patriarcat

"Le patriarcat - système de structures et de relations sociales dans lequel les hommes dominent et oppressent les femmes - repose sur six structures : l’emploi, le travail domestique, la culture, la sexualité, la violence et l’État. Bien qu’autonomes, elles interagissent les unes sur les autres pour donner lieu à différentes formes de patriarcat, dont le patriarcat privé et public constituent les pôles d’un continuum. Le travail domestique est la structure dominante du patriarcat privé, caractérisé par une appropriation individuelle des femmes dans la famille et leur exclusion de l’espace public. L’État et le travail salarié sont les structures majeures du patriarcat public, qui implique une appropriation collective des femmes par leur ségrégation et leur subordination dans la sphère publique." (Tremblay, 2004)

"Au sens large, le patriarcat désigne la manifestation et l'institutionnalisation de la domination des hommes sur les femmes et les enfants au sein de la famille et de la société en général. Il sous-entend que les hommes détiennent le pouvoir dans toutes les institutions sociales importantes et que les femmes sont privées de l'accès à ce pouvoir. Il ne sous-entend pas que les femmes sont totalement impuissantes ni totalement privées de droits, d'influence et de ressources, mais certainement qu'elles ont collectivement moins de pouvoir, d'influence et de ressources que les hommes." (Lerner, 1986 dans Comité canadien sur la violence faite aux femmes, 1993, p. 15)

Pornographie Vient du grec "porne" (prostituée) et "graphos" qui signifie écrit sur la prostitution. (voir Le Petit Robert, 2006, p. 2011)

D'un point de vue féministe radical:

"La pornographie signifie la représentation ou la description de comportement violent ou dégradant ou de comportement causant ou pouvant causer le décès d'autrui, lequel comportement, infligé par une personne à une autre ou par cette personne à elle-même, est représenté ou décrit dans le but manifeste de stimuler ou de gratifier sexuellement le spectateur, le lecteur ou l'auditeur; comportement, en outre, qui donne l'impression d'être prôné ou approuvé" (Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme, 1988, p. 9).

Une représentation sera qualifiée de pornographique si elle réunit les trois caractéristiques suivantes:

"1. elle dépeint des comportements ou des actes d'injustice violents ou dégradants; ET
2. elle vise manifestement à stimuler ou gratifier sexuellement le spectateur, le lecteur ou l'auditeur; ET
3. elle prône ou approuve ce comportement." (Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme, 1988, p. 9)

Il s'agit donc de représentations sexuelles impliquant différentes formes de comportements violents ou dégradants présentés dans le but de stimuler sexuellement un auditoire (Richard-Bessette, 1995, p. 126)
Pour en savoir plus sur les comportements violents et dégradants, consulter Conseil consultatif canadien sur la situation de la femme, 1988

Du point de vue des féministes libérales :

n"Matériel ayant pour but de créer une excitation sexuelle". (traduction de Feminist for Free Expression, 2004)

Prostitution
(voir aussi Travail du sexe)
l Pour les groupes qui voient la prostitution comme "un métier comme un autre":

« Shannon Bell (1994, Conseil du statut de la femmes, 2002) définit la prostitution comme une forme quelconque d’interaction sexuelle en échange d’une forme quelconque de paiement» (p. 34)

l

« Bindman et Doezema (1997 dans Conseil du statut de la femmes, 2002, p. 34), représentantes de Network of Sex Work Projects et de Anti-Slavery International, proposent cette définition du travail du sexe : il consiste à négocier et offrir des services sexuels contre rémunération, avec ou sans l’intervention d’une tierce partie. Ces services sont publicisés et reconnus comme étant disponibles à certains endroits. Les prix des services s’ajustent en fonction du jeu de l’offre et de la demande.»

l« Le terme travail du sexe désigne toute activité où il y a échange d’argent ou de biens (y compris de la drogue) contre un ou des services sexuels. Le travail du sexe comprend la prostitution de rue, les services d’escorte, la danse nue, le massage érotique, le téléphone érotique commercial, le fait d’agir à titre de modèle ou d’actrice pour des photos ou des films érotiques ou pornographiques. » (Coalition nationale des femmes contre la pauvreté et la violence, 1999, p. 3 dans Geadah, 2003, p. 61)

Pour les groupes qui considèrent la prostitution comme une violence faite aux femmes:

lPour Marie-Victoire Louis (2000, Conseil du statut de la femmes, 2002, p. 34) : « Le système prostitutionnel est un système de domination sur les sexes, les corps et donc sur les êtres humains. Ce système met en relation des "clients" à qui des proxénètes (qui sont des personnes physiques et morales) garantissent, contre rémunération, la possibilité d’un accès marchand aux corps et aux sexes d’autres personnes, de sexe féminin dans l’immense majorité des cas.»
Rapports sociaux de sexe "Parler des rapports sociaux de sexe consiste à mettre l’accent sur l’existence d’un rapport hiérarchique entre les sexes qui est construit socialement et qui dynamise l’ensemble des champs du social. Il s’agit donc d’un rapport de pouvoir qui s’enracine dans la division sexuelle du travail et qui, étant construit socialement, est appréhendable historiquement (Kergoat, 1992, p. 16). De ce fait, la notion de rapports sociaux de sexe n’a pas de valeur opératoire en dehors d’une vision globale de la réalité sociale - "une femme ne se pense pas que comme femme, elle se pense aussi dans un réseau de rapports sociaux : comme travailleuse (...), comme jeune ou vieille, comme, éventuellement, mère ou immigrée. Elle subit, et/ou exerce, une domination selon sa place dans ces divers rapports sociaux. Et c’est l’ensemble qui va constituer son identité individuelle et donner naissance à ses pratiques sociales" (Kergoat, 1992, p. 17 dans Lefeuvre, 1995)
Relation intime
« Une relation où l’autre a une très grande importance émotionnelle et motivationnelle pour soi, et où les partenaires manifestent un fort degré d’interdépendance durant une longue période de temps. Il s’agit d’une relation caractérisée par la révélation de soi, la familiarité avec l’autre, l’inclusion de l’autre en soi et un niveau élevé d’engagement envers l’autre et envers la relation. » (Dubé, 2006, p. 344)
Risques
(voir Opportunités)
§

Concept utilisé par l'approche écologique pour désigner les facteurs qui défavorisent le développement de l'individu. Voir aussi Opportunités.

«Conditions matérielles, émotionnelles et sociales de l’environnement qui menacent directement la personne. Plus spécifiquement, on parle parfois de risques socioculturels en référence aux conditions qui ne menacent pas directement la personne mais qui appauvrissent la qualité de ses expériences possibles.» (Malo, 2000).

Rôle sexuel-rôle de genre (sex role-gender role)
"Les attributs et les comportements définis comme appropriés à un sexe dans une culture donnée" (Hurtig et Pichevin, 1986, p. 18)
Santé sexuelle "La santé sexuelle est un état de bien-être physique, émotionnel, mental et sociétal relié à la sexualité. Elle ne saurait être réduite à l’absence de maladies, de dysfonctions ou d’infirmités". (Santé Canada, 2003, p. 6)

"La santé sexuelle exige une approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles, ainsi que la possibilité d’avoir des expériences plaisantes et sécuritaires, sans coercition, discrimination et violence. Pour réaliser la santé sexuelle et la maintenir, il faut protéger les droits sexuels de chacun". (OMS, 2002 dans Santé Canada, 2003, p. 6)
Schème de soi "Selon l'approche basée sur la théorie du traitement de l'information, le concept de soi se définit comme un ensemble de structures de connaissances (hypothèses) fondées sur l'expérience sociale. Il permet d'organiser et de guider le traitement de l'information se rapportant au soi et aide l'enfant à décider de ses actions et à imaginer ce qu'il peut devenir." (Olds et Papalia, 2000, p. 543)
Schème de genre sexuel ou schéma de genre

"Représentation mentale d'un ensemble de comportements qui permet de traiter l'information relative à ce que signifie être un garçon ou une fille" (Olds et Papalia, 2005, p. 145)

"Structure cognitive qui organise et mémorise les informations relatives aux comportements spécifiques à chaque sexe à partir desquelles l'individu effectue des généralisations" (Le Maner-Idrissi et al., 2002, p. 507).

Séduction
Un ensemble de comportements mettant en évidence certaines caractéristiques physiques et psychologiques de soi dans le but de plaire et de signaler son intérêt à une autre personne (Richard-Bessette, 2016).
Sélection naturelle « La sélection naturelle est la force principale qui a façonné le comportement et la physiologie des espèces, y compris de nombreuses différences sexuelles» (Ghiselin, 1974, 1996 dans Geary, 2003, p. 35).
Sélection sexuelle

«La sélection sexuelle (…) n’est pas une lutte pour l’existence, mais « dépend des avantages que certains individus ont sur d’autres de la même espèce et du même sexe, au niveau exclusif de la reproduction. » (Darwin, 1871 dans Geary, 2003, p. 35). (...) est réservée aux caractéristiques directement liées aux choix des partenaires (et influençant ces choix) » (Geary, 2003, p. 35).

Sexe
(voir Genre)
"Réfère aux caractéristiques biologiques qui différencient les hommes et les femmes"
Sexisme
«Préjudice basé sur le sexe d'un individu» (traduction de Lips, 2005, p. 19).

«Processus discriminatoire par lequel on associe des caractéristiques personnelles et des rôles sociaux spécifiques, de façon arbitraire, rigide, restrictive et répétée, à l'endroit d'un sexe et non de l'autre.»(Élysa, 1999).

Sexualité
(voir aussi Santé sexuelle)
«La sexualité est un aspect central de la personne humaine tout au long de la vie et
comprend le sexe biologique, l’identité et le rôle sexuels, l’orientation sexuelle, l’érotisme, le plaisir, l’intimité et la reproduction.» (Santé Canada, 2003, p. 5)

«La sexualité est vécue et exprimée sous forme de pensées, de fantasmes, de désirs, de croyances, d’attitudes, de valeurs, de comportements, de pratiques, de rôles et de relations. Alors que la sexualité peut inclure toutes ces dimensions, ces dernières ne sont pas toujours vécues ou exprimées simultanément. La sexualité est influencée par des facteurs biologiques, psychologiques, sociaux, économiques, politiques, culturels, éthiques, juridiques, historiques, religieux et spirituels.» (OMS, 2002, dans Santé Canada, 2003, p. 5 )

« Sexualité est un nom donné à des constructions sociales, désignant des constellations très diverses de pratiques, d’interactions, d’émotions et de représentations, qui délimitent des territoires de relations d’ampleur plus ou moins grande et donnent lieu à des processus de construction de soi variés. La sexualité peut se vivre ainsi de façon extravertie et visible, ou inversement de manière discrète et secrète. Les individus peuvent valoriser le renouvellement des partenaires ou inversement leur stabilité. La sexualité est appréhendée par les sujets comme une composante intrinsèque de leur personnalité, ou bien comme un attribut ou une propriété des relations qu’ils nouent. » (Bozon, 2001, p. 15)
§« Loin d’être une fonction biologique qui aurait une transcription psychologique et sociale immédiate, la sexualité renvoie à des configurations sociales, dont les composantes et les limites font question : il n’y a ni discipline ni discours unique qui en traite et la frontière du sexuel et du non sexuel est impossible à établir, si bien que les territoires même qu’elle occupe dans la vie sociale ou dans la vie des individus sont objet de débat et de contestation. » (Bozon, 2001, p. 26)
Sexualisation Voir hypersexualisation.
Socialisation
"Processus d'apprentissage des comportements considérés comme appropriés dans une culture donnée" (Olds et Papalia, 2005, p. 101).
Socialisation différenciée (syn. apprentissage différentiel selon le sexe) «Les comportements appropriés au sexe de l'enfant sont renforcés positivement ou négativement par les parents (mais aussi par d'autres agents de socialisation tels que les pairs, les maîtres et les médias)» (Zaouche-Gaudron et Rouyer, 2002, p. 525).
Stéréotypes sexuels
"Ensemble de croyances partagées par une culture à propos des traits ou des qualités propres aux hommes et aux femmes" (traduction de Lips, 2005, p. 2).
Trafic sexuel
«Les Nations Unies en 2000 ont retenu la définition suivante : l’expression traite des personnes « désigne le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité ou par l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation. L’exploitation comprend au minimum l’exploitation de la prostitution d’autrui ou d’autres formes d’exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés. » (Conseil du statut de la femme, 2002, p. 19)
Travail du sexe Terme utilisé par les groupes qui voient la prostitution comme un métier :

l« Désigne toute activité où il y a échange d’argent ou de biens (y compris de la drogue) contre un ou des services sexuels. Le travail du sexe comprend la prostitution de rue, les services d’escorte, la danse nue, le massage érotique, le téléphone érotique commercial, le fait d’agir à titre de modèle ou d’actrice pour des photos ou des films érotiques ou pornographiques. » (Coalition nationale des femmes contre la pauvreté et la violence, 1999, dans Geadah, 2003, p. 61)
 

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